L'exposition Picasso et les maîtres est, en France, une des plus chères de l'Histoire. Le budget de 4,3 millions d'euros représente même le double d'un événement habituel du Grand Palais. En 2007, la rétrospective Courbet avait coûté 2,7 millions d'euros et, en 2006, l'exposition Disney a atteint 2,9 millions d'euros. Seule Matisse-Picasso, en 2002, avait atteint un niveau similaire.

Excepté le coût des transports, indexé sur le baril de pétrole, c'est celui des assurances qui est le plus problématique, car il n'a cessé de s'alourdir ces dernières années, au rythme de la flambée du marché de l'art. Assurer des oeuvres estimées en millions, voire en dizaines de millions d'euros, est inabordable. La valeur globale d'assurance de Picasso et les maîtres, murmure-t-on en coulisses, pourrait s'élever à quelque 2 milliards d'euros.

Afin d'en minorer les effets sur le budget global de l'exposition, une procédure, appelée « garantie d'Etat », a été adoptée. L'Etat est toujours son propre assureur en ce qui concerne ses collections, mais cette garantie, exceptionnellement accordée, lui permet également de couvrir le risque des oeuvres qui ne lui appartiennent pas (collections privées françaises, collections étrangères, privées ou non), et cela au-dessus d'un capital de 100 millions d'euros. L'économie ainsi réalisée par les organisateurs de l'exposition se chiffre à 700 000 euros.

L'aide apportée par le groupe de luxe LVMH, mécène régulier des grands événements artistiques, a également constitué une grande bouffée d'oxygène. Sans l'octroi de la garantie d'Etat ni le généreux soutien financier de LVMH, l'exposition Picasso et les maîtres n'aurait pas pu avoir lieu.