L'exposition, riche de 110 tableaux et dessins, développe deux grands thèmes. D'abord, l'influence que Cézanne exerce sur Picasso. Elle est illustrée par la confrontation et l'alternance de leurs oeuvres. L'idée : montrer comment une forme peut en suggérer une autre, comment un motif peut resurgir plusieurs décennies après sa création. Cette démonstration n'est pas toujours explicite, car si certains rapprochements relèvent de l'évidence, d'autres sont affaire d'intuition. Et la disposition en enfilade des salles du musée a obligé à des contorsions d'accrochage qui nuisent à la clarté du propos. Le second grand chapitre correspond à la période passée par Picasso à Vauvenargues. Tout le paradoxe est là : durant ces deux années sur ses terres, au pied même de la montagne Sainte-Victoire, Picasso n'invoque guère « Monsieur Cézanne ».
