1948, Bertolt Brecht revient à Berlin. La ville est détruite. Réceptions et discours sont pourtant de rigueur pour fêter le retour de l'enfant prodigue. Mais la confiance accordée au héros n'est que façade. Il faut suivre pas à pas celui qui a trop longtemps vécu chez l'ennemi, à New York. La Stasi (services secrets est-allemands) a tranché. L'auteur de théâtre sera espionné par Maria, une actrice brillante. Ses amis d'avant-guerre savent qu'en collectionneur de femmes il ne résistera pas aux charmes de la jeune première. Dans ce roman où se mêlent fiction et réalité, Jacques-Pierre Amette fait la part belle à Maria, la maîtresse imaginée. La figure de Brecht ne pourrait être qu'un prétexte à la narration, symbole de l'autorité intellectuelle. La jeune femme admire le dramaturge qui a lutté contre Hitler. Elle est subjuguée par le génie littéraire. Mais l'homme avec lequel elle doit passer ses nuits finit par la dégoûter. Maria souffre en silence et pourtant elle fait son devoir. L'auteur donne de l'épaisseur à l'héroïne en la faisant exister par contraste. L'homme de théâtre est intelligent, sans scrupule, habile. A ses côtés Maria devient fragile et manipulable. Et elle, qui n'est qu'une parmi tant d'autres dans la vie du dramaturge, va être marquée à jamais par cette liaison sur commande.