Né en Virginie au sein d'une famille d'ouvriers, Kevin Powers s'est engagé dans l'armée à l'âge de 17 ans, en 1997. Après une préparation militaire dans le New Jersey, il a rejoint une unité de mitrailleurs à Tal-Afar, en Irak, où il a combattu pendant treize mois, de février 2004 à mars 2005. De cette guerre, qui a fait de lui un écrivain, il a tiré un récit effroyable dont le titre s'inspire d'un hymne américain, Yellow birds.
"J'ai écrit ce livre pour expliquer ce que j'ai vécu au niveau physique, psychologique et émotionnel", a dit Powers, qui retrace les multiples opérations militaires à Tal-Afar. John Bartle, son narrateur, est un bidasse qui débarque brutalement dans le bourbier irakien, "une sale petite guerre" qui "allait faire de son mieux pour tous nous tuer". Au jour le jour, il dresse l'inventaire d'un enfer célinien auquel n'échappera pas son copain Murphy, retrouvé atrocement mutilé au pied d'un minaret. A son retour en Amérique, Bartle ne sera plus qu'une ombre, "une espèce d'infirme" obsédé par la disparition de son frère d'armes et par les carnages auxquels il a assisté dans le feu et le sang, le vacarme des bombes et l'incessant tonnerre de la violence. Entre roman et reportage, Yellow birds est une description implacable des ravages de la guerre chez un jeune soldat talonné à chaque instant par la mort, alors qu'il n'est pas encore tout à fait un homme.
