Nouvelle attaque au Mali. Des djihadistes présumés ont attaqué ce vendredi un camp de la Mission de l'ONU (Minusma) à Tombouctou, dans le nord du pays, selon des sources militaires et de sécurité. Un militaire malien a été tué et un Casque bleu nigérian blessé au cours de l'attaque. D'après Olivier Salgado, porte-parole de la mission au Mali cité par CNN, il a été "blessé par l'explosion d'un véhicule" à l'entrée du camp.

"Six à sept terroristes sont arrivés tôt ce vendredi devant un camp de la Minusma, basé à Tombouctou. Ils ont fait exploser leur véhicule, avant d'attaquer le camp par mortier", raconte une source de sécurité au sein de la Minusma. Sur le déroulé de la journée, "il y a eu une double attaque", a expliqué un chef des opérations militaires, jugeant qu'il s'agissait d'une "opération minutieusement préparée". Selon un habitant des environs, les assaillants avaient "vraiment préparé leur plan". "Je crois qu'ils ont fait d'abord exploser leur voiture pour qu'après la Minusma vienne voir les dégâts pour les attaquer encore", a expliqué cet habitant.

Dans l'après-midi, le calme est revenu dans la capitale malienne. "Les opérations militaires pour anéantir les terroristes sont terminées dans le secteur sud de Tombouctou", a déclaré sous le couvert de l'anonymat un chef militaire de l'armée sur le terrain. "Mais nous continuons à ratisser, nous continuons aussi des patrouilles pour assurer la sécurité des populations".

Au lendemain d'une cérémonie de "sacralisation"

"La base attaquée était occupée par les Casques bleus nigériens qui avaient entre-temps déménagé des lieux", mais il restait sur place quelques soldats nigériens et du matériel appartenant à la Minusma, a précisé cette même source, avant d'interrompre l'entretien téléphonique parce que "les échanges de tirs se poursuivaient à cet endroit pour déloger les terroristes".

Cette attaque intervient au lendemain d'une cérémonie de "sacralisation" des mausolées de Tombouctou détruits par les djihadistes en 2012 et reconstruits grâce à un projet de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée. Ces groupes en ont été en grande partie chassés par l'intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.