Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, accusé de harcèlement sexuel par plusieurs femmes, a annoncé sa démission ce mardi. "Etant donné les circonstances, la meilleure manière de vous aider est de me retirer", a-t-il déclaré. Il a aussi présenté ses "profondes excuses" aux femmes qui se sont "senties offensées" par ses actions.

Sa chute ne faisait plus guère de doute, quelques heures après la démission de sa principale secrétaire et confidente, Melissa DeRosa. Et plusieurs jours, à peine, après une première plainte accusant le gouverneur de gestes inappropriés et indécents depuis fin 2019. Enfin, un rapport indépendant de 165 pages publié il y a une semaine avait appuyé les premières allégations formulées dès le mois de mars par plusieurs plaignantes. Accablant un peu plus le politicien de 63 ans, en poste depuis 2011 (deux fois réélu en 2014 et 2018).

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Le président démocrate Joe Biden l'avait alors appelé à quitter ses fonctions. Un autre appel conjoint à démissionner avait été lancé par quatre gouverneurs d'Etats voisins (Connecticut, Rhode Island, New Jersey, Pennsylvanie), tous issus de son camp démocrate. Le coup de grâce.

Des excuses mais pas des aveux

"Les accusations les plus graves ne reposent sur aucune base crédible dans le rapport. Et il y a une différence entre des allégations d'agissements inappropriés et le fait de conclure qu'il y a harcèlement sexuel", s'est toutefois défendu Andrew Cuomo mardi. "Mais ça ne veut pas dire que onze femmes n'ont pas été offensées. Elles le sont. Et pour cela, je m'excuse profondément", a-t-il ajouté.

Il a précisé que sa démission prendrait effet dans 14 jours et a rendu hommage à la vice-gouverneure Kathy Hochul, "intelligente et compétente", qui va le remplacer dans l'immédiat, et devenir la première femme gouverneure de l'État de New York.

Gouverneur du quatrième Etat le plus peuplé du pays, Andrew Cuomo était devenu une vedette nationale au plus fort de la pandémie de coronavirus au printemps 2020, grâce à ses points télévisés quotidiens, vus comme rationnels et rassurants en pleine crise, et qui l'avaient érigé en figure anti-Trump.

Mais son bilan avait déjà été terni par une affaire de sous-estimation du nombre de morts du Covid-19 dans les maisons de retraite, puis par les accusations de harcèlement sexuel.