Un an plus tard, la liste des produits cosmétiques contenant des substances allergènes ou des perturbateurs endocriniens a plus que doublé. "Près de 400" articles contiendraient "un ou plusieurs ingrédients indésirables" sur les 419 produits testés, annonce UFC-Que Choisir dans une enquête publiée ce mardi. En février 2016, ils étaient 185 sur 237 produits recensés.
L'association de défense des consommateurs appelle donc les pouvoirs publics à "instaurer des mesures réglementaires plus protectrices".
Certains industriels ont bien modifié la composition de leurs produits, mais "ces changements de formules restent malheureusement bien trop rares, puisqu'un an après notre première étude, 90% des produits incriminés en 2016 contiennent toujours les mêmes substances indésirables", affirme l'association qui a effectué ses tests selon "une sélection représentative du marché, bien que non-exhaustive".
Produits pour bébés
Comme l'année dernière, UFC-Que Choisir a dans sa ligne de mire "11 substances ou familles de substances indésirables préoccupantes". Parmi elles figurent les perturbateurs endocriniens tels que le BHA, présent dans des crèmes pour les pieds Scholl, dans un stick à lèvres Dermophil ou dans un rouge à lèvres Rouge Baiser.
Des allergènes, comme la methylisothiazolinone (MIT), ont notamment été retrouvés dans une crème pour les mains Dermophil, un démaquillant Clarins, des produits Ducray, des shampoings Head&Shoulders ou encore dans des lingettes Intima. Le sodium lauryl, "un irritant bien connu", a été observé dans des articles Le Petit Marseillais, Dessange et Yves Rocher.
"Même les produits pour bébés ne sont pas épargnés", souligne l'organisme, en regrettant par exemple la présence de phenoxyethanol, un conservateur toxique pour le foie, dans plusieurs crèmes destinés aux nourrissons (Bébé Cadum, Klorane, Mixa, Pampers, Nivea...).
UFC dénonce une "réglementation laxiste"
Toutefois, "mis à part quelques rares produits en infraction avec la loi, la présence de ces composés indésirables est légale, à la faveur d'une réglementation laxiste", s'indigne-t-elle. Pour les perturbateurs endocriniens par exemple, "les projets de définitions proposés par la Commission européenne exigent un niveau de preuve si élevé que, dans la pratique, aucune substance ne se verrait interdite", regrette l'organisation.
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Elle presse donc "les pouvoirs publics européens de mettre en oeuvre sans délai les recommandations des experts en matière de retrait des substances, d'encadrer strictement les allégations d'étiquetage [comme les mentions 'hypoallergénique' ou 'sans paraben'] et, plus généralement, de proposer une nouvelle définition des perturbateurs endocriniens permettant un retrait effectif de ces substances nocives".
La fédération des entreprises de la beauté (Febea) a promptement réagi mardi en affirmant dans un communiqué que les produits cosmétiques vendus en Europe étaient "sûrs". La réglementation européenne est "la plus stricte" au monde en la matière, et elle évolue pour tenir compte des dernières connaissances scientifiques en s'appuyant sur un comité d'experts indépendants, a affirmé la Febea.
