Et si la maladie d'Alzheimer pouvait être diagnostiquée précocement, grâce à l'intelligence artificielle (IA) ? La revue médicale canadienne Radiology s'est récemment fait l'écho d'une étude de l'université de San Francisco dont les résultats semblent probants. Les chercheurs américains ont en effet appris à une IA à détecter les premiers symptômes de la maladie grâce à des scanners cérébraux.

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Plus la maladie d'Alzheimer est détectée tôt, mieux elle peut être combattue. Mais elle est souvent diagnostiquée lorsque la plupart des symptômes sont installés. De nombreux neurones sont déjà morts et il n'existe pas de traitement curatif, seulement des médicaments permettant de freiner l'évolution de la dégénérescence.

Pour entraîner leur IA, les chercheurs lui ont d'abord présenté près de 2 000 images issues de PET scans (un outil d'imagerie médicale en 3D) réalisées sur 1002 patients, pour qu'elle apprenne elle-même à en reconnaître les symptômes. Puis, ils ont présenté à ce programme 188 images inédites.

Six ans d'avance en moyenne

D'après cette étude, le programme mis au point par les chercheurs détecte la maladie d'Alzheimer en moyenne six ans avant qu'elle ne soit décelée par des humains, quand de premiers signaux faibles de la maladie touchent le cerveau. Pour ce faire, les scientifiques ont alimenté leur intelligence artificielle de scanners de malades d'Alzheimer à différents stades, C'est ce que l'on appelle le "deep learning" : l'apprentissage approfondi.

"Il s'agit d'une application idéale du 'deep learning', car il est particulièrement efficace pour trouver des processus très subtils mais diffus. Les radiologues humains sont très doués pour identifier une petite découverte focale, comme une tumeur au cerveau, mais nous avons du mal à détecter des changements plus lents et globaux", décrypte Jae Ho Sohn, l'un des chercheurs qui signe l'étude, sur le site de l'université de San Francisco.

Des variations infimes détectées

Les cellules du cerveau consomment du glucose. Plus elles meurent, moins il y a de glucose consommé. La machine créée par les chercheurs est ainsi capable de détecter ces petites variations, indécelables par un diagnostic humain.

Lors des premières campagnes de tests, le taux de réussite pour la détection de la maladie a été de 92 et 98 %. Des résultats prometteurs pour des tests qui ne font que commencer.