Déjeuners en terrasse, runnings sur le bitume ou surf à Biarritz... En été, que l'on réside en ville, à la campagne ou au bord de la mer, les occasions sont multiples de s'exposer au soleil. Et tant mieux : sa douce chaleur fait du bien, au corps comme au moral. Pour rappel, une forte intensité lumineuse aide à synthétiser la vitamine D, essentielle pour la minéralisation des os, et bloque la synthèse de la mélatonine, garantissant ainsi la bonne humeur et l'énergie.
Sous le soleil, la vie serait-elle plus douce ? Ce n'est pas le cas, ces derniers temps, pour les maisons de cosmétiques, contraintes de répondre aux interrogations qui planent autour des produits de beauté. Sont-ils sans risques pour la santé ? Inoffensifs pour la planète ? 81 % des gens attendent des produits solaires qu'ils protègent efficacement des méfaits du soleil ; et 80 % des mêmes acheteurs exigent qu'ils ne contiennent pas d'ingrédients nocifs pour la peau. Rien de plus logique.
La remise en question des filtres solaires
S'il est de notre responsabilité individuelle de nous enduire de crème solaire, de porter un chapeau et des lunettes noires, il est de celle des laboratoires de mettre à notre disposition des formules sûres. Mais voilà, nous sommes troublés par les rumeurs et par certaines applications du Web qui, par principe de précaution, notent en rouge la plupart des filtres contenus dans les crèmes solaires.
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Qu'ils soient d'origine organique (issus de la pétrochimie, soupçonnés d'être allergisants ou perturbateurs endocriniens comme l'octocrylène ou l'oxybenzone) ou d'origine minérale (écrans issus des minéraux, plutôt neutres mais potentiellement cancérigènes quand ils sont inhalés). "Trente substances sont homologuées par les autorités, explique Jean-Claude Hubaud, fondateur d'Hélioscience, spécialiste de l'évaluation des produits de protection solaire. Cependant, quand on croise les législations, il n'en reste en réalité que huit pour mettre au point une formule. Et un produit solaire bien fait n'en contient aujourd'hui que quatre ou cinq."
Tous les experts interrogés se veulent rassurants et tiennent à rappeler que les risques encourus par une peau sans protection (coups de soleil, mélanomes,apparitions de taches, vieillissement prématuré) justifient de les utiliser occasionnellement. "C'est comme pour les vaccins, modère la dermatologue Véronique Gassia, on a prouvé qu'ils étaient plus utiles que dangereux."
Mais le ver est dans le fruit. Et les grands groupes comme les plus petits réagissent, réajustant leurs formules, réduisant leurs cocktails de filtres et brisant le traditionnel secret des labos. Résultat : les grands groupes publient en ligne des réponses à nos interrogations, le fruit de leurs dernières études et le résumé sur la législation. Citons, par exemple, le nouveau site d'information du groupe L'Oréal, Inside Our Products.
L'impact des solaires sur les coraux
Quant à la question de la toxicité des produits pour les océans, notamment des filtres organiques, elle est aussi au coeur des préoccupations. "Nous le prouvons avec des tests réalisés par des organismes indépendants: nos filtres solaires n'ont pas d'impact sur la vie aquatique et les coraux", affirme Amandine Rassat, directrice générale France des laboratoires Vichy.
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Plusieurs études d'envergure mondiale relient principalement les problèmes des récifs coralliens à l'augmentation de la température des océans et à l'acidification des eaux due à la dissolution du CO2 atmosphérique. Et Jean Claude Hubaud de renchérir : "Si on calculait l'impact de la pollution de tous les cosmétiques utilisés pendant un an sur la Terre, il n'égalerait jamais celui du dégazage d'un seul paquebot en mer." Pour aller plus loin, voici trois exemples de démarches responsables portées par trois grandes maisons de cosmétiques.

La révolution solaire.
© / Getty Images
"Soutenir les projets écologiques"
Olivier Courtin, président de Clarins
L'innovation : En plus de proposer des formules antidéshydratantes et anti-âge à base d'extraits de plantes, la maison accompagne deux initiatives pour le respect de l'environnement et des océans. L'une, menée par le Centre scientifique de Monaco, étudie les gènes des coraux pour mieux comprendre leur évolution. L'autre, Plastic Odyssey, a pour ambition de prouver, lors d'un tour du monde en catamaran, qu'il est possible de mettre en place une économie de recyclage efficace des déchets plastiques en énergie.
Ce qui nous plaît : Grâce à son cocktail 100 % végétal (aloe vera, olivier, baobab, épi d'or), la gamme de ce spécialiste du soleil de longue date garantit une multiprotection des cellules et des fibres de collagène et d'élastine. Et les textures gel en huile, toucher sec ou huile en baume, sont un plaisir addictif.

Lait-en-spray solaire SPF50+, Clarins
© / Clarins
Nathalie Broussard, directrice communication scientifique de Shiseido
L'innovation : Une BB crème légèrement teintée sous forme fluide ou compacte qui combine deux technologies de pointe afin de renforcer la protection en toutes circonstances. La première dite "wet force"active l'humidité de la peau pour former un film bouclier, même lors d'une baignade et résiste aux frottements (sauf à la douche savonneuse qui permet de la retirer le soir). La deuxième, dite "quickdry", inspirée des textiles sportifs, favorise l'évaporation rapide de la transpiration lors de l'effort.
Ce qui nous plaît : Lors des runnings en ville, transports à vélo ou à trottinette, ou toutes activités sportives de plein air, ils assurent une haute protection sans dégouliner (y compris dans les yeux), et laissent la peau impeccable. En outre, ce sont de jolis objets à glisser dans son sac.

BB for Sports SPF50+, Shiseido
© / Shiseido
"Des formules ocean protect non hydrosolubles"
Mathilde Cathiard-Thomas, fondatrice de Caudalie
L'innovation : Une toute nouvelle gamme de cinq produits qui allie protection de la peau et préservation de la nature, avec seulement quatre filtres solaires dosés au minimum pour une protection efficace. Et une gageure : ils sont résistants à l'eau (on reste protégé même dans la piscine), sans filtres hydrosolubles (ils ne se diluent pas dans l'eau), mais à haute biodégradabilité pour préserver le milieu marin.
Ce qui nous plaît : Cette nouvelle génération de produits solaires s'adapte aux dernières découvertes et aux exigences, dont des tests de non toxicité de la formule sur les algues. Les textures à base d'huile et d'eau de raisin très nature et le système antioxydant de polyphénols et de vitamine E, accompagné d'un léger parfum de frangipanier,rend le moment de l'application particulièrement agréable.

Spray solaire lacté SPF50, Caudalie
© / Caudalie
